Le voleur et le diable
Il était une fois, dans une vieille ville derrière les montagnes enneigées, célèbre pour sa décrépitude, un homme du nom de Cihan dont les yeux étaient voilés par l'avidité. Cihan tenait pour un fardeau de gagner à la sueur de son front et comptait comme un talent le fait de voler injustement le pain des autres. Par une nuit de brouillard, alors qu'une obscurité profonde était tombée sur la ville, il se mit secrètement en route vers la demeure du riche chef de caravane. Au milieu du chemin, un homme étranger à la voix forte, qui se glissait hors des ombres et dont les yeux brillaient comme des braises, surgit soudain devant lui. Cihan, qui recula de peur, comprit aussitôt que cet étrange voyageur n'était pas un homme ordinaire. L'étranger, regardant Cihan avec un sourire sournois, dit: "N'aie pas peur, mon ami, moi aussi je suis un artiste qui aime voler le travail des autres, tout comme toi."
Cihan proposa: "Si ton intention est la même, volons ensemble l'or du chef de caravane et partageons-le moitié-moitié." L'étranger, éclatant de rire, répondit: "Que l'or soit à toi, je vise un butin bien plus précieux." Ensemble ils se glissèrent à l'intérieur par le jardin de l'immense demeure et atteignirent facilement la salle où se trouvait l'énorme coffre d'or. Pendant que Cihan remplissait son sac de joyaux, l'étranger se changea soudain en une ombre immense et effrayante et plongea la salle dans une obscurité profonde. Le Diable, dont le vrai visage vint au jour, rugit: "Mon affaire n'est pas l'or, mais l'âme sombre d'un voleur avide comme toi!" Cihan, voyant les terribles flammes de l'enfer du Diable, saisit avec effroi le dernier point où parvient le mal.
Cihan, dont toute l'ambition de richesse s'évapora en un instant, jeta à terre le sac qu'il tenait et se mit à fuir dehors de toutes ses forces. Tandis que les rires du Diable résonnaient à ses oreilles, il courut sans souffle toute la nuit et se jeta à la porte d'un lieu de culte sûr. Après cette nuit-là, Cihan apprit par une amère expérience dans quel gouffre effroyable le gain injuste entraîne l'homme. Il jura de ne plus jamais porter la main sur le bien d'autrui et de mener une vie honnête. Celui qui se met en route avec le mal n'a pour compagnon que le malheur. Qui sème le vent récolte la tempête.