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Le vieux chien et le chasseur

Niveau B2 · 407 mots

Le vieux chien et le chasseur

Il était une fois, au bord d'une vieille forêt où coulaient des eaux fraîches, vivaient un chasseur expérimenté et son chien fidèle. Dans sa jeunesse ce chien courait aussi vite que le vent et attrapait avec adresse même le gibier le plus difficile de la forêt. Mais au fil des années son poil avait grisonné, ses pas s'étaient ralentis et ses dents pointues avaient perdu leur ancienne force. Pourtant son amour pour son maître n'avait pas du tout diminué, et il n'avait jamais renoncé à aller à la chasse avec lui. Le chasseur, lui, fermait les yeux sur le fait que son chien vieillissait et attendait encore de lui son ancien courage et son agilité. Pendant que les lumières jaune doré du soleil se glissaient entre les arbres, les deux se mirent encore en route pour une grande chasse. Peu après ils tombèrent sur la trace d'un énorme sanglier entre les buissons épais.

Le chasseur cria avec émotion : « Allons, mon brave ami, montre-toi et attrape ce gibier ! » Quand le vieux chien entendit la voix de son maître, il rassembla toute sa force et s'élança en avant. Après une poursuite sans pitié dans les profondeurs de la forêt, il réussit à coincer l'animal qui fuyait. Avec un grand effort il saisit le gibier par l'oreille et se mit à attendre que son maître arrive. Mais ses dents, qui vieillissaient et s'affaiblissaient, ne purent plus tenir cet animal puissant. Le chien, dont la mâchoire avait perdu sa force, laissa échapper le gibier sans le vouloir, et le sanglier se perdit dans la forêt. À ce moment le chasseur, qui courut auprès du chien, entra dans une grande colère en voyant que le gibier s'était enfui.

L'homme en colère se mit à accuser son ami fidèle de déloyauté avec des mots durs. Le vieux chien baissa la tête avec honte et regarda son maître avec des yeux pleins de tristesse. Prenant la parole calmement, il dit : « Ne te fâche pas contre moi, mon maître ; mon intention n'était pas de t'attrister mais de te rendre heureux. » « Mon cœur est encore aussi fidèle qu'avant, mais mon vieux corps n'obéit plus à ma force. » « Au lieu de regarder ma faiblesse d'aujourd'hui et de te fâcher, souviens-toi des services que je t'ai rendus dans ma jeunesse. » Le chasseur éprouva une honte profonde devant ces paroles pleines de sens, serra son chien dans ses bras et lui demanda pardon. Le travail passé et la fidélité ne doivent jamais être oubliés à cause de l'impuissance qu'apporte la vieillesse. Fais le bien et jette-le à la mer ; si le poisson ne le sait pas, le Créateur le sait.