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Le rossignol et le faucon

Niveau B2 · 347 mots

Le rossignol et le faucon

Il y a bien longtemps, au fond d'une vieille forêt où coulaient des eaux fraîches, vivait un rossignol à la voix douce. Chaque matin, ce rossignol se posait sur une haute branche de chêne et chantait ses plus belles chansons aux habitants de la forêt. Mais tout là-haut dans le ciel planait un faucon imposant qui cherchait sa proie de ses yeux perçants. Quand les petits oiseaux de la forêt voyaient l'ombre de ce puissant chasseur, ils se cachaient de peur parmi les feuilles. Le charmant rossignol, plongé dans son chant, n'avait pas remarqué le danger qui approchait. Soudain, le faucon fondit d'en haut et saisit fermement le rossignol sans défense entre ses serres puissantes.

Se débattant de douleur, le petit oiseau se mit à supplier le faucon de le laisser libre. "Je t'en prie, ne me mange pas, mon corps minuscule ne suffit pas à remplir ton ventre", dit le rossignol. "Si tu me relâches, je peux te montrer où se trouvent les oiseaux les plus savoureux et les plus gros de la forêt." Le faucon jeta un regard froid et rusé à l'oiseau qui tremblait dans sa serre. "Une petite proie que je tiens maintenant vaut plus qu'un grand conte de demain", répondit-il. Le rossignol se servit de son esprit et continua de parler dans un dernier effort pour convaincre le chasseur.

"Mais je te chanterai chaque jour des chansons joyeuses et j'apaiserai ton âme", dit-il en tentant sa chance une dernière fois. Le faucon orgueilleux, lui, ne renonça pas à sa décision et serra sa proie encore plus fort. Sans prêter l'oreille aux douces paroles du petit rossignol, le faucon décida de l'avaler d'une seule bouchée. Il n'avait aucune envie de perdre la fortune sûre qu'il tenait en courant après de faibles promesses. Quand le rossignol sans défense comprit qu'il ne pouvait pas changer la décision du chasseur, il sombra dans un profond silence. Avec la tranquillité d'avoir assuré son dîner, le faucon s'envola vers son nid dans les hautes falaises. Abandonner les possibilités concrètes que l'on tient dans la main pour des gains futurs incertains ne mène qu'à la déception. Un moineau dans la main vaut mieux qu'un pigeon dans le buisson.