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Le renard qui confessa le coq

Niveau C1 · 427 mots

Le renard qui confessa le coq

Il était une fois, sur la clôture d'une joyeuse ferme où murmuraient les épis dorés, un coq fier à belle crête. Aux premières lueurs du matin, ce coq réveillait toute la vallée de sa voix aiguë et répandait la joie alentour. Dans les profondeurs de la forêt, en revanche, rôdait un vieux renard renommé pour sa ruse, les yeux brillants de convoitise. Un beau jour, le renard se mit en tête de chasser ce beau coq qui se tenait sur la haute clôture. Mais comme il savait qu'il était difficile d'atteindre le coq, une ruse sournoise et un doux jeu lui vinrent à l'esprit. S'approchant à pas lents du pied de la clôture, le renard courba le cou et leva la tête d'un air affligé. "Ô auguste coq, héraut de l'heure de l'aube, prête l'oreille à ma voix, je t'en prie", appela-t-il.

Regardant en bas avec méfiance, le coq demanda: "Quelle affaire un chasseur comme toi peut-il avoir avec moi?" Le renard poussa un profond soupir et poursuivit son discours, laissant couler de ses yeux une fausse larme. "Je me suis repenti de tous les péchés que j'ai commis autrefois et j'ai résolu de faire pénitence en toute sincérité." "Pendant des années j'ai chassé des oiseaux innocents comme toi; je me tords de remords et ne puis dormir la nuit." "Si tu descends ici et écoutes ma confession, mon âme trouvera la paix et je me réfugierai entièrement auprès de toi." Le coq ne crut guère à ce changement soudain et exagéré du renard rusé, mais il ne perdit pas non plus contenance. "Tu as donc renoncé à cette sombre convoitise qui est en toi et tu veux être pardonné, n'est-ce pas?" répondit le coq.

"Oui, mon ami; descends de la clôture, je te prie, afin que nous nous embrassions et scellions cette paix", dit le renard avec ardeur. Le coq tendit le bec, contempla l'horizon et sourit avec sagesse. "Je descendrais écouter ta confession, mais il serait plus juste d'attendre la meute de lévriers qui vient derrière toi", dit-il. "Les grands chiens de berger accourent aussi par ici, et ils voudront sûrement témoigner de ta sainte pénitence." Au mot "lévriers", le poil du renard se hérissa et ses yeux s'ouvrirent d'effroi. "J'avais une affaire urgente; nous nous reverrons une autre fois!" dit-il, et il s'enfuit dans la forêt sans même regarder derrière lui. Le coq avisé, riant tout haut derrière son rusé ami, continua de rester en sûreté sur sa clôture. Pour comprendre l'intention des menteurs qui feignent le remords avec de douces paroles, il faut regarder non pas leurs seules paroles, mais leurs actes passés. Le loup change de poil, mais non de naturel.