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Le paysan qui voulait traverser la rivière

Niveau C2 · 379 mots

Le paysan qui voulait traverser la rivière

Il était une fois un villageois joyeux qui vivait au bord d'une forêt ancienne où coulaient des eaux fraîches. Un beau jour, ce villageois prit la route de la ville voisine afin de rencontrer les marchands. Au milieu du voyage, une rivière large et impétueuse, difficile à franchir, se dressa devant lui. Cette rivière, qui scintillait sous les rayons éclatants du soleil, était si imposante qu'elle rendrait difficile le passage du voyageur. Le villageois s'arrêta sur la rive et, observant le cours de l'eau, se mit à réfléchir à l'endroit où il passerait de l'autre côté. Dans une partie de la rivière, les eaux frappaient les rochers avec un grand fracas et projetaient de l'écume. Ce courant écumeux et farouche parut extrêmement effrayant et profond aux yeux du villageois inexpérimenté.

De l'autre côté de la rivière, en revanche, la surface de l'eau s'étendait calme et silencieuse comme une vitre parfaitement lisse. Le villageois, murmurant pour lui-même, dit : "Ce courant bruyant va m'engloutir, le mieux est que je traverse par cet endroit d'apparence douce." Juste au moment où il allait poser le pied dans ces eaux calmes, un vieillard sage qui se reposait sous le platane se leva. Le vieil homme l'avertit d'une voix douce : "Attends un peu, mon fils, ne fais pas un pas en te fiant seulement à tes yeux." Le villageois hésita et répondit : "Pourquoi m'arrêterais-je, mon oncle, l'eau bruyante est très dangereuse, tandis que cet endroit paraît bien sûr." Au lieu de répondre, le vieillard sage saisit le long bâton de bois qu'il tenait à la main et s'approcha de la rive. Le vieillard plongea d'abord son bâton vers le milieu de ce courant bruyant et écumeux.

On vit que l'eau qui s'agitait avec un si grand fracas ne dépassait en réalité pas la cheville et que les pierres du fond se distinguaient nettement. Ensuite le vieil homme plongea lentement le même bâton dans cette eau dormante qui semblait lisse et calme. Le bâton disparut entièrement dans les profondeurs obscures de l'eau sans heurter le moindre rocher au fond. Épouvanté devant le spectacle qu'il vit, le villageois comprit combien l'apparence peut être trompeuse. Le jeune homme, qui remercia le vieillard avec gratitude, marcha en sécurité dans l'eau bruyante mais peu profonde et atteignit la rive opposée. Le silence n'apporte pas toujours la paix, parfois les dangers les plus profonds se cachent sous les surfaces les plus calmes. Il n'est pire eau que l'eau qui dort.