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Le paysan qui vendit son cheval

Niveau C1 · 362 mots

Le paysan qui vendit son cheval

Il était une fois un vieux fermier qui vivait au bord d'une ancienne forêt où les eaux fraîches coulaient doucement. L'ami le plus fidèle de ce fermier était un cheval gris au port noble qui tirait sa charrue depuis des années. Mais la roue impitoyable du temps avait tourné, et la dernière pièce dans la poche du vieil homme s'était épuisée. Désemparé, le fermier décida de vendre sur la place du marché son vieux cheval fidèle, qu'il aimait tendrement. Tandis que les premières lueurs du matin glissaient dans la vallée brumeuse, ils prirent la route du village d'un pas affligé. La place du marché bondée résonnait des cris des marchands et des bruits des montures. Un marchand rusé remarqua l'élégance du vieux cheval et s'approcha aussitôt du fermier.

"Cette vieille bête ne peut plus porter de charge, je ne te donnerai que trois pièces d'argent", dit le marchand. Dans son désespoir, le fermier accepta l'offre et remit à contrecœur le licou à l'homme. En rentrant chez lui avec le peu d'argent de sa poche, un lourd regret et une profonde solitude l'envahirent. La semaine suivante, en arrivant au même marché, il vit un cheval magnifique qui brillait avec une selle ornée. Le vendeur demandait pas moins de trente pièces d'or pour cette splendide monture. Lorsque le fermier s'approcha du cheval, il sentit cette chaleur familière dans les yeux de son propre vieil ami. Il s'avéra que le marchand rusé n'avait fait que panser et teindre le cheval, et l'avait mis en vente pour une grande fortune.

Rassemblant toutes ses économies et son argent, le fermier s'efforça de racheter son cheval. Mais les maigres pièces de sa poche n'approchaient même pas la somme élevée que réclamait le marchand. Alors qu'il rentrait au village les mains vides dans le crépuscule du soir, il n'en crut pas ses yeux en ouvrant la porte de l'étable. Le cheval fidèle s'était arraché à son licou et enfui, et, suivant l'odeur de son maître, il était déjà rentré chez lui. Le vieux fermier serra son ami dans ses bras en pleurant et promit de ne plus jamais se séparer de lui. La valeur inestimable de la véritable amitié n'est pleinement comprise que lorsque la peur de la perdre frappe à la porte. On ne doit pas abandonner de vieux amis pour de nouveaux.