Le paon et sa voix
Il était une fois, dans les profondeurs d'une forêt enchanteresse où fleurissaient des fleurs de toutes les couleurs, un paon magnifique. Ce paon émerveillait tous les êtres de la forêt avec ses plumes vert émeraude et bleues qui brillaient à la lumière du soleil. Quand il ouvrait sa splendide queue comme un éventail, même le vent s'arrêtait et regardait cette beauté unique. Mais bien qu'il fût si beau, il y avait dans le cœur du paon orgueilleux une inquiétude cachée. Chaque fois qu'il entendait sa propre voix, il tombait dans une tristesse profonde, et sa joie disparaissait en un instant. Un matin de printemps, il se mit à écouter la chanson enchanteresse du rossignol qui montait entre les branches. Pendant que la douce voix du rossignol résonnait dans la forêt, la jalousie et le chagrin du paon grandissaient encore plus.
« Mon dieu, tu m'as donné une apparence si magnifique, mais pourquoi as-tu rendu ma voix si laide ? », s'écria-t-il. En pleurant, il se présenta devant Junon, la déesse protectrice de la forêt, et lui raconta son état. « Ô déesse sublime, pourquoi la voix du rossignol enchante-t-elle tous ceux qui l'écoutent alors que la mienne griffe les oreilles ? », dit-il. La déesse Junon regarda avec tendresse mais avec fermeté ce bel oiseau dont les larmes coulaient des yeux. Le paon, pensant qu'il avait subi une injustice, soutint qu'une voix douce était aussi son droit. Il affirma que tous les oiseaux l'admiraient mais se moquaient de lui à cause de sa voix. Avec un doux sourire, la déesse Junon rappela à l'oiseau orgueilleux le juste équilibre de la nature.
« À chaque être vivant un don différent a été donné ; à toi une beauté unique, et au rossignol une voix douce », dit-elle. Tandis que la force de l'aigle conquiert les cieux, ta queue porte toutes les couleurs du ciel. Si tu ne connais pas la valeur des dons que tu as, les avantages des autres ne te donnent que de la douleur. Le paon eut honte devant ces paroles sages et baissa la tête. À partir de ce jour, au lieu d'envier les talents des autres, il apprit à vivre heureux avec ses propres plumes magnifiques. Quand l'homme prend conscience des valeurs uniques qu'il a dans sa main, il cesse d'envier les avantages des autres et trouve la vraie paix. Les cinq doigts de la main ne sont pas pareils.