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Le marchand et sa femme

Niveau C1 · 388 mots

Le marchand et sa femme

Il était une fois, à la lisière d'une vieille forêt où coulaient des eaux fraîches, vivait un marchand riche et respecté. Dans son manoir rempli d'étoffes ornées et d'épices rares, il menait une vie heureuse avec son habile épouse, connue pour son esprit et sa perspicacité. Le marchand confiait toujours sa fortune jalousement gardée et ses trésors inépuisables à la loyauté inébranlable de son épouse. Un jour, il dut partir pour un long voyage de commerce vers les grands marchés des contrées lointaines. Avant de partir, il prit les mains de son épouse, lui remit toutes les clés du manoir et lui fit ses adieux avec des prières. Un rival rusé, voyant une occasion dans le départ du marchand de la ville, ourdit un plan traître pour s'emparer de cette grande fortune.

Il imita la signature du marchand, prépara une fausse lettre et frappa à la porte du manoir en fin d'après-midi. Se plantant devant la femme d'un air assuré, il dit : "Votre maître a subi une grande perte sur la route." L'homme rusé montra le faux document qu'il tenait à la main et prétendit que les coffres pleins d'or devaient lui être remis sur-le-champ. Mais la femme intelligente se méfia des manières agitées et des paroles contradictoires de l'homme, et comprit aussitôt la situation. Sans rien laisser paraître, elle sourit et invita l'homme à entrer en disant : "Le souhait de mon mari est bien sûr un ordre pour moi." Elle mélangea un doux sirop soporifique à la boisson sucrée qu'elle avait préparée pour lui et la présenta à l'homme.

L'homme rusé, ivre de victoire, but la coupe jusqu'à la dernière goutte et sombra bientôt dans un sommeil profond. La femme intelligente fouilla les poches de l'homme endormi et trouva les documents prouvant qu'il était le vrai voleur qui avait volé le sceau du marchand. Elle avertit aussitôt les gardes et fit livrer cet homme calomniateur au palais de justice. Quelques semaines plus tard, le marchand revint de son voyage et, en apprenant le courage et l'intelligence supérieure dont son épouse avait fait preuve, il fut rempli de fierté. Grâce à la clairvoyance de sa fidèle épouse, la fortune du manoir avait été sauvée et un ennemi dangereux avait été vaincu. À partir de ce jour, le marchand poursuivit sa vie en décuplant son respect pour l'esprit et les sentiments de son épouse. Un foyer guidé par la raison et la perspicacité demeure toujours protégé contre toute sorte de méchanceté. Le mensonge a de courtes jambes.