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Le loup qui apprit à lire

Niveau C2 · 382 mots

Le loup qui apprit à lire

Il était une fois, au cœur d'une forêt profonde où coulaient des eaux fraîches, vivait un loup avide mais très curieux. Quand ce loup vit que le sage hibou de la forêt apprenait à lire aux autres animaux, il se prit d'un grand enthousiasme pour l'alphabet. Son but n'était pas d'acquérir le savoir, mais de savoir lire pour tromper aisément les proies faibles et les attraper. Un matin, il alla sous le chêne aux feuilles d'argent et dit au hibou qu'il voulait prendre des leçons auprès de lui. Bien que le sage hibou soupçonnât l'intention du loup, il ne renvoya pas l'élève et posa devant lui la tablette de bois. Quand le hibou montra la première lettre et dit "A", le loup s'écria avec impatience : "Agneau savoureux à tête blanche !" Quand le maître secoua tristement la tête et montra la lettre "B", le loup se lécha les babines avec appétit et répondit : "Bouc bien gras !"

Malgré tous leurs efforts, l'esprit du loup n'était pas sur les lettres, mais seulement dans son estomac. À ce moment-là, un âne malin qui se promenait dans la forêt observa de loin cet effort comique du loup. L'âne s'approcha aussitôt du loup et lui dit qu'il pouvait l'aider dans sa leçon. Le loup demanda d'un air moqueur : "Et toi, que comprends-tu aux lettres ?" L'âne dit d'une voix très calme : "Sur mon fer arrière est écrit un sceau inestimable." Le loup, qui voulait se vanter de la lecture qu'il venait à peine d'apprendre, accepta aussitôt de lire cette écriture mystérieuse. Le loup, qui s'approcha avec curiosité de la patte arrière de l'âne, se concentra attentivement sur les lignes indistinctes gravées dans le sabot.

Pendant que le loup essayait de déchiffrer les lettres, l'âne, d'un mouvement soudain, plaça une ruade sur la mâchoire du loup. Le malheureux loup, ne comprenant pas ce qui lui arrivait, roula en faisant des culbutes dans les buissons voisins. Le loup, qui tenait son museau enflé et sa mâchoire douloureuse, comprit la vérité par une amère expérience. Il comprit qu'acquérir le savoir exige une vertu plus profonde que la force brute ou la ruse. Le rusé chasseur, ayant subi sa punition, disparut en silence vers les profondeurs de la forêt. Celui qui poursuit le savoir avec de mauvaises intentions finit par devenir la victime de sa propre ignorance. Telle est l'intention, tel est le destin.