Toutes les histoires

Le loup pêcheur

Niveau C2 · 421 mots

Le loup pêcheur

Il était une fois, au fond d'une forêt de chênes murmurante où gazouillaient des ruisseaux couleur d'argent, un renard rusé. Tandis que les vents glacés de l'hiver traversaient la vallée, le loup affamé au pelage argenté se mit à patrouiller la forêt afin de trouver de la nourriture. Le loup affamé, arrivé au bord du lac, observa le renard qui chantait des chansons joyeuses et se régalait de poisson frais. Le loup orgueilleux, l'eau à la bouche, regardait avec une grande envie combien le renard chassait sans effort. Le loup géant, qui se glissait à pas lents entre les buissons, surgit juste sous le nez du renard et gronda avec majesté. — "Ô petit, par quelle magie attrapes-tu des poissons si délicieux dans cette eau glacée et déserte?", demanda le loup. Le renard, plissant les yeux avec ruse, s'inclina avec un grand respect et décida d'exécuter le plan perfide qu'il avait en tête.

— "Ah, grand loup, pour cela vous n'avez besoin ni de canne ni de filet", dit le renard rusé. — "Si vous plongez votre queue dans l'eau glacée et attendez patiemment, les poissons se colleront un à un à votre fourrure", ajouta-t-il. — "Quand vous sentirez de la douleur et du poids, ne bougez surtout pas, car cela montre que les poissons se multiplient", dit-il. Le loup avide, qui crut naïvement aux douces paroles du renard et à son pouvoir de persuasion séduisant, s'assit aussitôt à l'endroit peu profond de la rivière. Il plongea sa longue et touffue queue dans l'eau claire du froid glacial et se mit à attendre avec impatience. Le vent du nord, qui se durcit pendant la nuit, couvrit la surface de la rivière d'une couche de glace épaisse et transparente. Le loup, qui prit la douleur implacable de sa queue pour un riche butin de poissons, sourit avec orgueil et attendit le matin.

Quand l'aube se leva et que le soleil éclaira les collines enneigées, le loup essaya de se redresser pour tirer son énorme fortune. Mais quand il s'aperçut que sa queue était entièrement enfouie et enfermée dans la glace, il se mit à se débattre avec terreur. Bien qu'il tirât de toutes ses forces, la rivière gelée ne lâcha pas sa queue, et le loup gémit de douleur. À ce moment-là le renard rusé, qui passait joyeusement à côté de lui, éclata de rire et s'éloigna vers les profondeurs de la forêt. Le loup orgueilleux, resté impuissant, paya dans la douleur le prix de son ambition affamée et de son aveugle avidité dans l'eau glacée. Ceux qui croient aveuglément aux douces paroles qui promettent un gain facile sont condamnés à devenir les victimes de leur propre avidité. Il n'y a pas de grâce sans peine.