Toutes les histoires

Le loup et le renard affamé

Niveau C2 · 386 mots

Le loup et le renard affamé

Il était une fois, à l'orée d'une ancienne forêt où coulaient des eaux fraîches, vivait un renard rusé. Un jour, alors que soufflaient les vents glacés de l'hiver, ce renard n'avait pas trouvé une seule bouchée de nourriture depuis des jours. Tandis que le grondement de son ventre se mêlait au murmure des pins de la forêt, il se mit à errer, épuisé, sur les chemins enneigés. Juste au moment où il allait perdre espoir, un loup énorme et orgueilleux sortit de sa grotte et s'approcha de lui fièrement. Les yeux perçants du loup avaient aussitôt remarqué la détresse du renard affaibli par la faim. "Ô pauvre renard, pourquoi rôdes-tu dans un état si misérable ?" demanda le loup imposant. Le renard rassembla son esprit, sourit avec ruse au loup et bâtit rapidement son plan dans sa tête.

"La faim me coupe presque le souffle, mais je sais qu'il y a un grand festin dans la cave du villageois", dit-il. L'appétit du loup avide grandit dès qu'il entendit cette nouvelle alléchante, et ses yeux brillèrent de cupidité. "Conduis-moi tout de suite à cette cave, sinon tu seras ma première bouchée !" rugit le loup. À minuit, les deux animaux se glissèrent silencieusement dans le village et réussirent à se faufiler à l'intérieur par la fenêtre étroite de la cave. Dans la cave étaient alignés de délicieux fromages, des viandes séchées et des pots de miel frais. Le loup se jeta sur la nourriture sans se soucier de rien et commença à remplir complètement son estomac. Le renard intelligent, lui, ne mangeait que de quoi apaiser sa faim et surveillait souvent la fenêtre étroite.

Peu après, la porte en bois de la cave s'ouvrit dans un grand fracas et le villageois apparut, une lanterne à la main. Le renard agile et prudent bondit dehors par la fenêtre étroite en un instant et s'enfuit. Mais le loup, dont le ventre avait gonflé comme un tambour à force de trop manger, resta coincé dans la fenêtre et ne put sortir. Le loup avide, une fois pris, paya lourdement la punition de sa cupidité sous les bâtons du villageois. Le renard, quant à lui, retourna dans la forêt enneigée et put, grâce à son esprit, savourer à la fois un ventre plein et sa liberté. Celui qui use de son esprit avec mesure s'en sort toujours, mais celui qui cède à la cupidité tombe dans son propre piège. Un peu de cupidité apporte une grande perte.