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Le loup et le hérisson

Niveau C2 · 390 mots

Le loup et le hérisson

Il était une fois, à la lisière d'une forêt ancienne où coulaient des eaux fraîches, un loup renommé pour sa ruse. Avec sa carrure imposante et ses dents acérées, ce loup menaçait sans cesse tous les animaux sans défense des environs. Dans un coin retiré de cette même forêt touffue résidait un hérisson qui vivait à sa guise, extrêmement intelligent et prudent. Un jour, alors que le crépuscule tombait, le loup affamé se mit à avancer furtivement sur le sentier en quête d'une savoureuse bouchée. En voyant le minuscule hérisson surgir soudain des buissons, ses yeux affamés brillèrent d'un grand appétit et d'orgueil. Riant aux éclats de sa voix puissante, le loup fit un pas menaçant vers son petit rival. "Voilà si longtemps que j'ai faim, j'ai enfin trouvé une proie croustillante à manger en guise d'en-cas", rugit-il.

Le hérisson, gardant son calme, dressa imperturbablement ses piquants un peu plus haut et prit aussitôt la parole. "Me manger est facile, puissant loup, mais si les piquants de mon corps se coincent dans ta gorge, tu le regretteras", dit-il. Le loup insolent ne prêta aucune attention à ces avertissements, se moqua du hérisson et se jeta en avant avec avidité. Là-dessus, le hérisson intelligent, afin de se sauver, se servit de son esprit et proposa un pari. "Si tu veux m'avaler, voyons d'abord qui roulera le plus vite du haut de cette colline", dit-il. Sûr de sa victoire, le loup hautain, sans faire la moindre concession, accepta aussitôt cette curieuse proposition. Tous deux montèrent ensemble sur les rochers escarpés et s'alignèrent avec excitation côte à côte pour la course.

Le hérisson se mit aussitôt en boule et, protégé par ses piquants acérés, commença à rouler doucement du haut de la colline. Le loup, aveuglé par la cupidité, accéléra sans contrôle et heurta des rochers durs et des broussailles piquantes. En arrivant en bas, le loup vaincu, couvert de blessures et de meurtrissures de partout, gémissait lamentablement de douleur. Le hérisson, qui avait atteint le but sans le moindre effort et sans même une égratignure, examina l'état impuissant du loup et sourit. Le loup meurtri accepta sa défaite, il ne lui restait plus aucune force et il s'éloigna vite de là sans même regarder en arrière. Ceux qui se fient à la force de leurs bras et se laissent gagner par l'orgueil sont toujours condamnés à s'incliner devant la victoire d'un esprit aiguisé. Tête sans cervelle fait souffrir les pieds.