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Le fils du lion et l'homme

Niveau C2 · 379 mots

Le fils du lion et l'homme

Il était une fois une magnifique famille de lions qui vivait au fond d'une forêt épaisse où murmuraient des eaux fraîches. Le jeune fils du vieux roi se glorifiait de son orgueil, se croyant l'être le plus fort de la forêt. Le vieux lion père, lui, recommandait toujours à son fils de se méfier de la créature appelée homme. Le petit lion méprisait ces avertissements de son père et croyait qu'il n'existait au monde aucune créature plus forte que lui. Enfin, un matin, malgré tous les empêchements de son père, il se mit en route pour trouver l'homme et prouver sa force. En passant à travers les buissons épais, il rencontra un cheval fatigué qui portait une lourde charge sur le dos. Rugissant fièrement, le jeune lion demanda pourquoi le cheval allait ainsi recroquevillé et qui il servait.

En soupirant, le cheval se plaignit de l'incroyable ruse et de l'oppression de l'homme qui l'attachait avec des chaînes. Ensuite il rencontra sur la route un bœuf énorme qui se traînait avec un anneau au museau, et il lui posa la même question. Le bœuf aussi raconta avec une profonde tristesse que l'homme, par son esprit aiguisé, l'avait condamné au joug. Irrité par ces réponses lâches, le jeune lion accrut encore davantage sa curiosité et sa colère envers l'homme. À cet instant précis, il vit au bord du sentier un homme maigre qui coupait du bois, une hache à la main. Avec un rugissement imposant, le lion se dressa devant l'homme et lui demanda s'il pourrait le vaincre. Sans se troubler le moins du monde, l'homme dit que sa force était restée à la maison, mais qu'il pouvait aller la chercher s'il le voulait.

L'homme rusé pria le lion de mettre sa tête dans un tronc fendu avant son départ, pour qu'il ne s'enfuie pas. Le lion novice, trop confiant en sa force, coinça sans réfléchir sa tête dans la fente au milieu du tronc. L'homme retira aussitôt les coins du tronc et laissa le jeune lion coincé et sans défense. Le lion tombé dans le piège eut beau se démener, il comprit que la force brute ne servait à rien face à l'esprit. Quand l'homme libéra le lion qui avait retenu la leçon, le jeune prince revint honteux auprès de son père. La force brute est toujours condamnée à plier devant l'intelligence humaine. Plus fait douceur et adresse que force ni courroux.