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Le faucon et les colombes

Niveau C1 · 389 mots

Le faucon et les colombes

Il y a bien longtemps, au plus profond d'une épaisse forêt de chênes, se dressait un nid magnifique où des colombes aux ailes blanches vivaient en paix. Ces oiseaux charmants planaient tout le jour dans le ciel bleu et, le soir venu, gazouillaient joyeusement sur leurs perchoirs de bois. Mais les milans rapaces qui patrouillaient dans les montagnes voisines jetaient parfois une ombre sur ce pur bonheur et y semaient la peur. Les colombes paisibles étaient épuisées de se tenir sur leurs gardes à chaque battement d'aile et de se cacher sans cesse. C'est justement en ces jours d'angoisse qu'un faucon rusé et majestueux se posa près du nid dans un vol plané couleur d'argent. Le faucon s'adressa à l'assemblée des colombes en donnant à sa voix un ton doux et rassurant. "Pourquoi laissez-vous ces ailes délicates trembler de peur et passez-vous toute une vie sous la menace des milans ?" demanda-t-il.

Le vieux chef des colombes, une inquiétude profonde dans les yeux, baissa la tête sans recours. Le faucon rusé ne laissa pas passer l'occasion et poursuivit ses paroles trompeuses d'un air persuasif. "Couronnez-moi comme votre souverain ; de mes serres habiles je vous protégerai à jamais de tout danger extérieur." Les colombes innocentes n'eurent pas la sagesse de peser les intentions cachées derrière cette offre alléchante. Par un faux désir de paix, elles proclamèrent roi le faucon rapace et lui jurèrent une obéissance sans condition. Mais à peine installé sur le trône, le faucon ne tarda pas à montrer son vrai visage. Le lendemain matin, il prit dans ses serres impitoyables la colombe la plus grasse du troupeau qu'il prétendait protéger et la mangea avec délice.

Chacun des jours suivants, une autre pauvre colombe tombait victime de l'appétit insatiable du faucon. Les colombes furent saisies d'un profond regret devant ce souverain cruel, bien plus impitoyable que les milans, leurs anciens ennemis. Les quelques oiseaux qui restaient, ne trouvant nul endroit où fuir les serres du souverain cruel, firent face à une vérité amère. Tard, mais enfin, elles comprirent que se réfugier auprès d'un protecteur cruel pour échapper à un danger est la pire des ruines. Tandis qu'elles se débattaient sans espoir, il ne leur restait qu'à pleurer le malheur qu'elles avaient choisi de leurs propres mains. Les âmes que la peur aveugle sont condamnées à perdre leur liberté et leur vie dans de faux refuges. Tomber de la poêle dans la braise.