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Le corbeau sur le dos du mouton et le loup

Niveau C1 · 354 mots

Le corbeau sur le dos du mouton et le loup

Il était une fois, dans un vaste pré où le vent soufflait doucement, une brebis à la laine toute douce qui broutait. Cette brebis modeste montrait une tolérance et une patience infinies envers tous les êtres qui l'entouraient. Un beau jour, un corbeau espiègle arriva en planant et se posa effrontément sur le dos de la brebis. Le corbeau avait l'air fort réjoui tandis qu'il fouillait de son bec la laine de la brebis et lissait ses plumes. La brebis paisible, sans protester le moins du monde, continua de brouter avec sérénité. Un loup affamé caché derrière les buissons se mit à observer avec étonnement ce spectacle inattendu. Le loup s'irrita et envia à la fois cette attitude audacieuse dont faisait preuve le corbeau.

S'approchant du pâturage à pas sournois, il interpella le corbeau d'un ton dur et rusé. "Ô corbeau effronté, il est certes facile de s'installer sans crainte sur une pauvre brebis et de s'amuser !" "Oserais-tu donc commettre le même manque de respect sur mon dos ?" "Sache que mes dents acérées et mes griffes puissantes déchireraient à l'instant tes ailes si chétives !" Le corbeau, sans perdre le moins du monde son calme, agita sa queue et croisa le regard du loup. Déployant légèrement ses ailes noires, il répondit au loup avec un sourire rusé. "Je sais fort bien devant qui et quand m'incliner, et avec qui je peux faire des manières."

"Abuser de la pitié d'un ami paisible et éviter la colère d'un sauvage sont deux arts différents." Le loup resta figé, ne sachant que dire devant cette réponse raisonnable et courageuse du corbeau. Le fier habitant de la forêt, qui se vantait de sa propre force, fut comme écrasé devant l'intelligence du corbeau. Le corbeau, quant à lui, gonfla ses plumes et continua de se nettoyer joyeusement le bec sur le dos de la brebis. Le loup, stupéfait de ce qui lui arrivait, mit la queue entre ses pattes d'un air honteux et se retira dans la forêt. Il comprit que la véritable force ne réside pas dans la force brute, mais dans la connaissance du bon moment et de la bonne personne. Les êtres avisés savent comment se comporter envers chacun et font toujours leurs pas avec prudence. Le vinaigre fort abîme sa propre jarre.