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Le corbeau et le mouton

Niveau B2 · 380 mots

Le corbeau et le mouton

Il était une fois, dans une large prairie où des eaux fraîches coulaient doucement, une vieille brebis qui broutait. Avec sa laine douce et toute blanche, cette brebis avait gagné l'affection de tous les animaux autour d'elle, et elle était très patiente. Mais un corbeau rusé et bruyant se mit à venir dans cette prairie paisible dès les premières lueurs du jour. Le corbeau aux plumes noires avait pris l'habitude de se poser sur le dos de la brebis chaque matin, quand le vent soufflait doucement. La pauvre brebis essayait de brouter sans un bruit, mais les griffures sans fin du corbeau la gênaient beaucoup. Une fois encore, par un midi chaud où le soleil brillait, le corbeau se percha soudain sur le dos de la brebis. De son bec pointu il tirait sur la laine douce de la brebis et croassait sans cesse de sa vilaine voix.

La brebis regarda en arrière par-dessus son épaule vers le corbeau et poussa un profond soupir. « Pourquoi me déranges-tu sans cesse sur mon dos, corbeau ? » demanda-t-elle doucement. « Je ne t'ai jamais fait de mal, alors pourquoi me déranges-tu toujours ? » Le corbeau gonfla fièrement sa poitrine et répondit à la brebis par un rire bruyant. « Parce que tu es très calme et que tu ne pourras jamais me tenir tête », dit-il avec insolence. La brebis secoua la tête et montra le chien de garde qui dormait un peu plus loin. « Oserais-tu faire la même chose à ce chien aux dents pointues ? » demanda-t-elle.

« Si tu te posais sur son dos, il t'attraperait d'un seul coup et te punirait aussitôt. » Le corbeau sourit sournoisement, hérissa ses plumes et parla d'un air très sûr de lui. « Je sais très bien qui déranger et à qui montrer du respect », dit-il. « Je monte sur le dos des faibles et des doux, mais je fais bon visage aux forts et aux dangereux. » Devant cette réponse égoïste et lâche du corbeau, la brebis s'enfonça dans un profond silence. Elle comprit que les méchants ne pouvaient être courageux qu'avec les créatures douces qui n'élevaient pas la voix. À partir de ce jour, la brebis se secoua, fit tomber le corbeau de son dos et marcha avec fermeté vers l'autre bout de la prairie. Le silence des personnes douces qui ne se défendent pas augmente le courage des lâches qui s'en prennent aux faibles. Qui se fait brebis, le loup le mange.