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Le commandant et le soldat

Niveau B2 · 351 mots

Le commandant et le soldat

Il était une fois, un palais magnifique au bord d'une vieille forêt où coulaient des eaux fraîches. Dans ce palais vivait un commandant courageux et fier, très aimé par son peuple. Le commandant était un chef sage, devenu célèbre dans tout le pays grâce à ses grandes victoires. Pendant que le parfum des tilleuls montait dans le jardin du palais, le commandant écoutait chaque jour les peines du peuple. Un matin d'été, un vieux soldat qui avait combattu épaule contre épaule avec lui dans les guerres anciennes arriva. Le soldat, qui portait sur son visage la fatigue des années, était venu devant le tribunal à cause d'une accusation injuste. Le vieux soldat s'inclina avec respect devant son commandant, avec une profonde fidélité dans les yeux.

« Mon seigneur, mon nom est mêlé à une injustice, et demain je passerai devant la justice », dit-il. Mais le commandant était très occupé et lui proposa aussitôt de nommer un représentant. « J'enverrai au tribunal mon avocat le plus habile pour te défendre », répondit-il. Quand le vieux soldat entendit cette réponse, son cœur se serra, et il découvrit son bras plein de cicatrices d'épée. Le soldat regarda le commandant dans les yeux et lui fit un reproche inoubliable. « Ah, mon grand commandant, quand nous affrontions l'ennemi dans cette guerre sanglante, je n'ai envoyé personne d'autre à ma place », dit-il. « Pendant que les flèches de l'ennemi pleuvaient sur nous, j'ai mis ma poitrine devant toi sans hésiter un instant. »

Ces paroles pleines de reproche entrèrent dans le cœur du commandant comme un couteau aiguisé. Le souvenir des jours anciens et la fidélité du soldat suffirent à remplir de larmes les yeux du commandant. Le commandant, qui comprit son erreur, se leva de son propre trône le jour du procès et alla lui-même dans la salle. Debout à côté de son vieil ami, il le défendit avec des mots chaleureux et avec fierté. Le soldat, dont l'innocence fut prouvée, embrassa son ancien commandant avec des yeux reconnaissants et quitta le palais en paix. La vraie fidélité n'est pas d'envoyer un représentant dans les jours difficiles, mais de rester soi-même auprès de son ami. Le vrai ami se reconnaît au jour sombre.