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Le cochon sans cœur

Niveau C1 · 428 mots

Le cochon sans cœur

Il était une fois, à la lisière d'une vieille forêt où coulaient des eaux fraîches, un renard rusé et un vieux lion. Un jour, le lion tomba malade et, devenu trop faible pour chasser, il appela auprès de lui le renard qu'il croyait fidèle. Le puissant souverain murmura au renard qu'il avait envie de la chair savoureuse d'un cochon et qu'il devait le tromper pour l'amener dans la grotte. Le renard cupide, espérant qu'une part de ce doux festin lui reviendrait aussi, prit aussitôt le chemin de la forêt profonde. En voyant un cochon naïf se nourrir sans souci à l'ombre des chênes, il forma vite dans son esprit un plan sournois. Le renard s'approcha du cochon d'un air souriant et lui dit que le royaume de la forêt lui portait un grand respect et qu'il avait été élu à l'assemblée.

Le cochon naïf, qui crut aisément ces douces promesses, suivit avec une grande fierté le renard rusé et se rendit à la grotte. Mais à peine eut-il mis le pied dans la grotte obscure que le lion maladif se jeta avec impatience sur le cochon. Le lion lui griffa l'oreille du bout de sa griffe et, comme il ne fut pas assez prompt, le cochon endolori réussit à s'enfuir dehors de frayeur. Le lion, qui avait laissé échapper sa proie, rugit de colère contre le renard et lui ordonna de réparer sur-le-champ cette occasion. Sans perdre de temps, le renard rusé suivit la trace du cochon en fuite et le trouva tremblant parmi les buissons. Le cou courbé, le renard dit : "Pourquoi t'es-tu enfui, mon ami ? Notre roi voulait seulement te murmurer à l'oreille les secrets du royaume."

Le cochon insensé crut de nouveau à ces mensonges habiles et se mit naïvement à marcher derrière le renard vers la grotte. Cette fois, le lion ne laissa rien au hasard et abattit sur place, d'un seul coup de griffe, le cochon qui entrait dans la grotte. Le lion, qui voulait se laver les mains au bord de la rivière, dit au renard d'attendre auprès de la proie et de ne toucher à aucun morceau. Le renard, brûlant du désir de festin, profita de l'occasion, arracha vite le savoureux cœur du cochon et le mangea en cachette. Quand le lion revint et ne trouva pas le cœur de la proie, il rugit de fureur et demanda qui avait commis ce vol. Sans se départir de son calme, le renard répondit : "Mon sultan, ce cochon n'avait pas de cœur ; s'il en avait eu un, serait-il venu ici une seconde fois ?" Les gens insensés qui ne tirent aucune leçon des dangers vécus sont condamnés à tomber maintes fois dans le même piège, dupés par de doux mensonges. Chat échaudé craint l'eau froide.