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Le citadin et le corbeau apprivoisé

Niveau C1 · 369 mots

Le citadin et le corbeau apprivoisé

Il était une fois, dans une grande ville aux rues bruyantes et aux hauts bâtiments, un homme élégant. Un jour, cet homme de la ville trouva dans son jardin un corbeau charmant et intelligent à l'aile blessée et l'emporta chez lui. Il le soigna avec soin, lui offrit de la nourriture fraîche dans un bol d'or et apprivoisa bientôt le corbeau tout à fait. Pourtant, comme il craignait que l'oiseau s'échappe, il attacha à sa patte délicate une ficelle longue, fine mais solide. Bien que le corbeau apprivoisé ait un nid chaud et beaucoup de nourriture, le bleu infini du ciel lui manquait. Au fil des jours, le désir de liberté au fond du corbeau commença à vaincre le confort de la cage dorée.

Il se disait: "Toute cette nourriture délicieuse ne suffit pas à me rendre heureux, ma place est auprès des oiseaux libres." Enfin, un matin ensoleillé, il profita d'un moment où l'homme était distrait et s'envola vite par la fenêtre. Laissant derrière lui le bruit de la ville, il battit des ailes vers la forêt profonde et vert sombre dont il rêvait avec nostalgie. Quand le vent caressa ses plumes, il poussa un grand cri de joie et voulut profiter de la liberté. Pendant qu'il glissait parmi les branches d'un grand chêne, il avait complètement oublié la longue ficelle à sa patte. Juste au moment de se poser parmi les feuilles épaisses, cette ficelle attachée à sa patte s'enroula fermement autour d'une grosse branche.

Le pauvre oiseau eut beau se débattre, il ne réussit pas à défaire le nœud et resta suspendu en l'air. Plus il se débattait dans le désespoir, plus la corde s'emmêlait, et les branches dures lui faisaient mal. Cette forêt libre qui brillait au soleil s'était soudain transformée pour lui en un piège sans retour. Quand la faim et la fatigue arrivèrent, le corbeau se rappela avec regret la vie sûre et confortable que son maître lui offrait. "Ah, comme j'étais ignorant, j'ai méprisé mon confort et j'ai perdu la vie", cria-t-il amèrement. Hélas, ce pas fait sans réfléchir ne le mena pas à la liberté, mais à une fin qu'il avait préparée de ses propres mains. Gaspiller la paix sûre que l'on a seulement pour vouloir plus avec avidité cause à l'homme le plus grand mal. Qui trop embrasse mal étreint.