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Le chien, le loup et le bélier

Niveau C2 · 412 mots

Le chien, le loup et le bélier

Il était une fois, à la lisière d'une vieille forêt où les eaux fraîches coulaient doucement, un chien fidèle et un bélier courageux. Ces deux amis, qui avaient travaillé côte à côte pendant des années dans la même ferme, furent abandonnés à leur sort par leurs maîtres lorsqu'ils vieillirent. Les deux compagnons prirent ensemble la route et se mirent à chercher un abri paisible, traversant des sentiers où le vent murmurait. Au coucher du soleil les ombres s'allongèrent, et les épis dorés courbèrent la tête vers la nuit. Les deux vieux amis se retirèrent au pied d'un rocher pour se reposer, là où rôdaient des prédateurs affamés. À cet instant précis, un énorme loup surgit des buissons, les yeux brillants de convoitise et le ventre grondant. Le loup en eut l'eau à la bouche, et il vit dans ce bélier affaibli une proie facile.

S'avançant d'un air menaçant, le loup murmura : "Je ne m'attendais pas à trouver un souper si savoureux dans cette contrée solitaire." Le chien fidèle usa aussitôt de son esprit et chuchota à l'oreille du bélier : "Ne laisse rien paraître, garde la tête haute et fais ce que je dis." Ensuite le chien rugit à voix haute vers le bélier, comme s'il était un maître. "Hé, mon ami, apporte cette énorme tête de loup que nous avons sortie du sac, que nous apaisions notre faim !" Le bélier comprit la gravité de la situation et répondit fièrement en secouant ses cornes imposantes. "Quelle tête de loup veux-tu, mon ami ; la grosse que nous avons chassée hier, ou celle de la semaine dernière ?" Le chien, se rengorgeant, dit : "Apporte la plus grande et la plus fraîche, ce soir nos ventres doivent être bien rassasiés."

En entendant ces paroles terribles, les genoux du loup fléchirent et son poil se hérissa. Le pauvre loup, croyant avoir devant lui des créatures dangereuses qui chassaient les loups, se mit à suer d'une peur mortelle. "Je dois fuir d'ici sur-le-champ, avant qu'ils ne m'ajoutent à côté de ces têtes dans ce sac", se dit-il en lui-même. Lorsque le bélier fit mine de saisir le sac et agita ses cornes vers le loup, celui-ci s'enfonça dans la forêt sans même regarder derrière lui. Les deux amis rusés échappèrent à un danger certain grâce à leur ruse et respirèrent profondément. Toute la nuit ils se serrèrent l'un contre l'autre et attendirent en sécurité les premières lueurs du matin. La solidarité raisonnable et le courage montrés dans les temps difficiles suffisent à écarter même les menaces les plus terribles. L'union fait la force.