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La biche et son faon

Niveau C2 · 401 mots

La biche et son faon

Il était une fois, au plus profond d'une forêt vert émeraude où murmuraient des sources abondantes, une biche majestueuse et son faon inexpérimenté. Dans cette contrée mystérieuse où le vent balançait doucement les feuilles, la vieille biche se fit un devoir d'enseigner à son faon les subtilités de la vie. En fin d'après-midi, tandis que filtraient des lumières d'un jaune doré, elle s'arrêtait à l'ombre des grands platanes et exhibait longuement sa posture. Le jeune faon, quant à lui, observait avec une grande admiration les pas de sa mère et s'efforçait de graver dans son esprit ses mouvements experts. Tous les êtres de la forêt regardaient avec envie le lien indéfectible entre cette mère sage et son petit curieux. Un jour, la biche expérimentée emmena son petit avec elle et se mit à lui expliquer les moyens de se protéger des chiens de chasse.

"Regarde, mon enfant, nous sommes les créatures les plus rapides et les plus élégantes de la nature, nos muscles sont assez forts pour rivaliser avec le vent", dit-elle. "Les chiens ont beau aboyer tant qu'ils veulent, grâce à notre ouïe fine et à nos longues pattes, nous leur sommes toujours supérieurs." "Au moment du danger, tu ne dois jamais céder à la panique ; tu dois faire tes pas avec sang-froid et de manière à franchir les buissons." Le petit faon, qui écouta ces paroles courageuses de sa mère, bomba la poitrine et sentit qu'il s'était débarrassé de ses peurs. À cet instant précis, un aboiement de chien effroyable qui résonnait du fond de la vallée rompit soudain le silence de la forêt. Dès qu'elle entendit le son, la biche sage laissa de côté ses conseils et s'élança en avant dans une grande épouvante.

En quelques secondes, sans même regarder derrière elle, elle se mit à fuir rapidement pour disparaître au milieu des buissons touffus. Le jeune faon, qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait, dut courir de toutes ses forces derrière sa mère, qui s'éloignait comme le vent. Lorsqu'ils se réfugièrent derrière un rocher sûr, le petit, à bout de souffle, regarda avec curiosité dans les yeux de sa mère. "N'étions-nous pas plus rapides que les chiens, et n'avions-nous nul besoin d'avoir peur ?", demanda-t-il avec étonnement. La biche sage, qui baissa la tête de gêne, dut admettre que la peur l'emporte toujours sur la théorie. Il est facile de donner du courage par des paroles, mais quand le vrai danger est à la porte, nul ne sait ce que dira le cœur. Les actes valent mieux que les paroles.