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La belette et les souris

Niveau B2 · 323 mots

La belette et les souris

Il était une fois, au bord d'une vieille forêt où coulaient des eaux fraîches, une joyeuse communauté de souris. Ces petits rongeurs s'étaient construit un foyer sûr à côté des champs de blé. Mais les belettes rusées et agiles, qui étaient leurs voisines, gâchaient leur paix à chaque occasion. À cause des attaques que les belettes menaient souvent, les souris devaient fuir sans cesse. Les vieux membres de la communauté pensaient qu'il fallait enfin trouver un remède à cette situation. Une nuit, les souris se réunirent dans une grotte profonde et discutèrent longuement de la raison de leurs défaites. L'une d'elles cria : « Dans notre armée il manque de la discipline et des commandants savants. »

Cette idée fut acceptée par tous avec un grand enthousiasme et une élection fut faite aussitôt. Les trois souris qui paraissaient les plus courageuses et les plus grandes furent choisies comme généraux pour diriger l'armée. Les nouveaux généraux voulaient paraître différents des autres souris et se tenir avec majesté. Ils se préparèrent d'énormes chapeaux de paille et des couronnes voyantes à longues plumes. Les commandants, gonflant leur poitrine avec orgueil, se mirent à se vanter avec les énormes ornements sur leur tête. Quelques jours plus tard, les belettes rusées rompirent le silence de la forêt et attaquèrent de nouveau. Bien que l'armée des souris se soit élancée en avant avec courage, elle ne tint pas non plus devant la force des belettes.

Les petites souris, vaincues, se mirent aussitôt à fuir vite vers leurs trous très étroits. Les souris ordinaires réussirent à entrer facilement par les fentes étroites des rochers avec leurs corps minuscules. Mais les généraux qui portaient d'énormes chapeaux sur la tête restèrent coincés à l'entrée des nids. Les commandants orgueilleux, qui ne pouvaient absolument pas faire passer leurs couronnes voyantes par les trous, ne réussirent pas à s'enfuir. Les belettes rusées attrapèrent facilement ces généraux prétentieux restés à la porte et les mirent hors d'état. L'orgueil inutile et le goût de l'ostentation deviennent le plus grand malheur de l'homme dans les temps difficiles. Grande tête, grands soucis.