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L'oie et le corbeau

Niveau C1 · 368 mots

L'oie et le corbeau

Il était une fois, au bord d'un lac limpide où les eaux fraîches coulaient avec une grâce nonchalante, vivait une oie toute blanche. Cette oie, image même de l'élégance, glissait chaque matin sur les vagues argentées et chantait des chansons avec joie. Mais un corbeau tout noir qui résidait dans le vieux platane de la forêt l'observait en secret et l'enviait au fond de lui. Tandis que le corbeau regardait avec admiration ces plumes sans pareilles de l'oie et sa réputation sur le lac, il éprouvait une honte profonde de sa propre apparence. Enfin le corbeau orgueilleux décida de faire un plan dangereux et absurde afin de paraître aussi noble que l'oie. Un matin le corbeau s'approcha d'un air fanfaron de l'oie qui glissait vers le bord du lac.

"Ô mon ami blanc, le secret de tes plumes si brillantes est-il que tu te baignes souvent dans cette eau glacée ?" demanda-t-il. L'oie, secouant la tête d'un air amical, répondit : "C'est ici ma demeure, mais l'eau ne change jamais la couleur des plumes." Mais le corbeau ambitieux ne crut pas à cette vérité et était convaincu de tout cœur que ses propres plumes aussi blanchiraient en se lavant. Le corbeau abandonna aussitôt son vieux fumier et son nid dans la forêt, et s'installa tout à fait au bord du lac. Toute la journée il se jetait dans les eaux froides, se débattait et frottait ses plumes comme s'il se lavait avec du savon. Mais il avait beau s'efforcer, ses plumes toutes noires ne montraient pas le moindre changement de couleur.

De plus, dans ce milieu humide auquel il n'était pas habitué, il ne trouvait pas de nourriture et s'affaiblissait de jour en jour de faim et de froid. Quelques semaines plus tard, le corbeau épuisé en était venu à ne plus même pouvoir battre des ailes. L'oie pleine d'amour courut au secours du corbeau tremblant, le tira de l'eau et tenta de le réchauffer du bout de son bec. Le corbeau comprit enfin quelle grande ignorance c'était de sacrifier sa propre essence pour un rêve vide. Revenu à sa propre nature et à son habitat, le corbeau n'aspira plus jamais à être un autre. Ceux qui se laissent emporter par des passions contraires à leur nature sont condamnés à perdre même ce qu'ils ont et à subir la déception. Chacun son métier, les vaches seront bien gardées.