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L'âne et la lyre

Niveau B2 · 362 mots

L'âne et la lyre

Il était une fois, au bord d'une vieille forêt où coulaient des eaux fraîches, un gentil âne. Cet âne aimait beaucoup brouter dans les prés verts et se reposer à l'ombre des pins. Quand le printemps arrivait, la forêt se remplissait de fleurs colorées et un vent doux soufflait entre les branches. Un jour, pendant que l'âne marchait sur l'herbe douce, il vit un objet en bois qui brillait, caché entre les buissons. Quand il s'approcha et regarda avec attention, il comprit que c'était une lyre magnifique avec des cordes très fines. Le corps élégant de l'instrument et ses cordes qui brillaient au soleil intéressèrent beaucoup l'âne. Il fit un pas en avant avec curiosité et commença à examiner cet objet inconnu en le sentant.

Ensuite il leva lentement son sabot dur et toucha doucement les cordes de la lyre. Un son fort et tremblant monta soudain des cordes et résonna dans la forêt silencieuse. L'âne ressentit une grande joie devant ce son et dressa ses oreilles avec bonheur. Mais comme ses sabots étaient trop durs, chaque fois qu'il touchait les cordes, il ne sortait que du bruit. Il voulait beaucoup créer une belle mélodie, mais il n'y arrivait pas du tout. Il sentit la beauté que la lyre pouvait donner, mais il comprit aussi son propre manque d'habileté. Avec un profond soupir, l'âne regarda les cordes et se parla tristement à lui-même.

« Quel dommage que cet instrument si fin, qui devrait arriver aux mains d'un bon musicien, soit venu à moi », dit-il. Si un artiste habile trouvait cette lyre, il enchanterait toute la forêt avec de merveilleuses mélodies. Mais mes sabots durs ne font que du bruit et ne peuvent pas donner sa valeur à ce bel instrument. Pour ne pas abîmer la beauté de la lyre, l'âne recula avec respect et laissa l'instrument sur l'herbe. Comprenant qu'il ne se lancerait pas de force dans des travaux au-dessus de son habileté, il continua son chemin en paix. Il continua à profiter des prés et de la vie simple qui convenait à sa propre nature. Chaque travail a son maître, et la vraie valeur n'apparaît que dans des mains habiles. Le travail revient à celui qui sait le faire, et l'épée à celui qui sait la porter.