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L'aigle et le milan

Niveau C1 · 378 mots

L'aigle et le milan

Il y a bien longtemps, au sommet d'une montagne où coulaient des eaux fraîches et où de hautes falaises s'élevaient vers le ciel, vivait un aigle magnifique. Avec son regard perçant et ses ailes puissantes, cet aigle passait pour le souverain inébranlable des cieux. Un jour, un milan rusé qui planait le long de la vallée vint auprès de cet oiseau imposant et s'approcha de lui avec admiration. Profitant de la solitude de l'aigle, le milan voulait gagner sa confiance et tirer parti de sa force. Il se mit donc à parler d'une voix mielleuse à l'aigle, perché sur une haute falaise. "Ô souverain suprême des cieux, être votre ami serait pour moi le plus grand des honneurs", dit le milan. L'aigle, étonné par l'audace de ce petit oiseau chétif, lui demanda ce qu'il pouvait bien lui offrir.

D'un air parfaitement assuré, le milan bomba le torse et se lança dans de grandes promesses. "Si vous devenez mon ami, je chasserai pour vous chaque jour d'énormes lapins et même des autruches", dit-il. L'aigle crut aux paroles envoûtantes du milan, accepta son offre et conclut un pacte avec lui. Au bout de quelques jours, tenaillé par la faim, l'aigle rappela à son ami la promesse qu'il lui avait faite. "Où sont donc ces proies gigantesques que tu devais m'apporter ?", lança-t-il au milan. Le milan s'envola aussitôt et revint quelque temps après avec une toute petite souris serrée dans son bec. L'aigle regarda la souris chétive déposée devant lui et gronda de colère et de déception.

"Ces proies magnifiques que tu m'avais promises n'étaient donc que cette souris sans valeur ?", demanda-t-il. Sans se troubler le moins du monde et d'une attitude tout à fait calme, le milan regarda l'aigle en face. "Pour gagner l'amitié d'un souverain aussi puissant que vous, j'aurais promis n'importe quoi", dit-il. L'aigle éprouva une grande honte pour s'être laissé prendre à de belles paroles et pour avoir cru à des promesses vides. Comprenant que les amitiés bâties sur le mensonge n'ont aucune valeur, l'aigle chassa le milan de sa présence à tout jamais. À partir de ce jour, l'aigle ne prêta plus jamais attention aux promesses feintes. Ceux qui font de grandes promesses qu'ils ne peuvent tenir sont condamnés à perdre, le moment venu, la confiance qu'on leur accorde. On dit que la bougie du menteur ne brûle que jusqu'à la tombée de la nuit.