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Ésope et son maître

Niveau B2 · 407 mots

Ésope et son maître

Il était une fois, dans une vieille ville de la mer Égée où le soleil réchauffait les vergers parfumés, un esclave malin nommé Ésope. Ésope était un homme sage qui gagnait l'affection de tous par son esprit vif et ses paroles douces et apaisantes. Son maître était un marchand riche et bon, mais il souffrait à cause de sa femme orgueilleuse, qui grognait sans cesse. Cette dame hautaine n'aimait personne dans la maison et grondait sans pitié les gens autour d'elle. La paix de la maison s'effaçait jour après jour, et même le chant joyeux des oiseaux dans le jardin s'étouffait dans cet air sombre. Par une chaude journée d'été, la dame se plaça devant le miroir et se mit à déverser sa colère sur les serviteurs sans raison. « Vous ne savez rien faire correctement », cria-t-elle, et toute la maison fut bouleversée.

Le marchand, impuissant, ne savait que faire et, avec un profond soupir, chercha de l'aide. Quand Ésope vit son maître si triste, il s'approcha en silence et se mit à parler. « Mon maître, donnez-moi la permission d'apaiser votre chagrin et d'adoucir le cœur de notre dame », dit-il. Quand le marchand hocha la tête et accepta, Ésope prit dans sa main un morceau de bois laid et tordu. Ésope se présenta devant la dame et lui offrit ce morceau de bois avec autant de soin qu'un coffret à bijoux. La dame orgueilleuse regarda avec étonnement et demanda : « Que veux-tu me dire avec ce morceau de bois sans valeur ? » Ésope sourit et répondit : « Même s'il paraît rugueux au-dehors, ce bois particulier fait cuire le pain le plus savoureux quand il entre dans le four. »

« Et à quoi sert un beau couteau en or, si son tranchant ne fait que blesser ? », ajouta-t-il. Devant ces paroles profondes d'Ésope, la dame s'arrêta un instant et ressentit une profonde honte. Pour la première fois, elle comprit clairement son propre comportement blessant et le mal qu'elle avait fait aux gens. À partir de ce jour, elle mit son orgueil de côté et commença à montrer un visage souriant aux serviteurs et à son mari. L'air sombre de la maison se dissipa, et tous dans la maison furent de nouveau remplis de paix et de joie. Quant au marchand, il resta reconnaissant envers son esclave fidèle et sage, Ésope, et éprouva pour lui un respect sans fin. La vraie beauté d'une personne n'est pas dans son apparence ni dans son titre, mais dans la gentillesse et les paroles douces qu'elle répand autour d'elle. Une parole douce fait sortir le serpent de son trou.